Chpt du monde seniors (Baku) 24 09 2018

MARIE-ÈVE GAHIÉ EST VICE-CHAMPIONNE DU MONDE

Les championnats du monde seniors se déroulaient à Baku, capitale de l’Azerbaïdjan.

Lu dans « L’esprit du judo » :

La France se sent mieux, elle se sent bien aujourd’hui avec deux médailles, deux premières fois pour Marie-Eve Gahié chez les filles, et pour Axel Clerget pour les garçons, qui emporte sa première médaille mondiale et la première du groupe masculin à Bakou. 

« Comme hier, les féminines ont affiché une forme de stabilité d’une année à l’autre, tandis que c’était le grand big-bang chez les masculins. Comme hier, la journée a souri à la France. Après la première médaille d’or, celle de Clarisse Agbegnenou, ce sont cette fois deux médailles qui viennent récompenser les tricolores.

La nouveauté pour les filles ? L’avènement d’une Française très attendue, Marie-Eve Gahié, vingt-et-un an, championne d’Europe juniors 2016 et médaillée mondiale juniors 2014. L’année dernière déjà elle avait atteint le podium européen et échoué de peu dans la quête d’une médaille mondiale en perdant en demi-finale sur l’excellente technicienne de Porto-Rico, Maria Perez. Cette année, quasiment invaincue en tournoi (3e à Paris 1ere aux Grands Prix de Géorgie et de Croatie, c’était au championnat d’Europe qu’elle glissait, battue dès le premier tour… qu’elle a parfois du mal à maîtriser.

9h55. (-70kg) Gahié punit Prokopenko ! Un harai-goshi à déraciner les arbres en trente secondes, c’était le petit-déjeuner proposé par Marie-Eve Gahié à la Russe Alena Prokopenko, ancienne médaillée européenne et juniors et double médaillée européenne -23 ans. Prochain tour contre la Canadienne Burt, alors que, dans ce quart de tableau, Sally Conway a écarté Elvismar Rodriguez.

10h55. (-70kg) Gahié dans la douleur. Pas facile ce combat contre la Canadienne Burt, modeste troisième de l’Open de Lisbonne cette année, mais très accrocheuse et qui cherchait systématiquement le contre. C’est finalement après un peu plus d’une minute dans le golden score et après appel à la vidéo, que la Française Marie-Eve Gahié se voyait récompensée sur un o-soto-gari un peu confus.

11h35. (-70kg) Gahié en demi-finale ! Une claque : tani-otoshi, liaison debout-sol, dégagement de jambe et immobilisation. Il aura fallu moins d’une minute à Marie-Eve Gahié pour battre Sally Conway, médaillée olympique.

À Bakou, c’est au second combat, contre une Canadienne stable, que la n°2 mondiale eut le plus de mal à chauffer le moteur, avant de passer très vite trois vitesses pour battre la médaillée olympique anglaise Sally Conway, l’une des combattantes a-priori les plus dangereuses du tableau, puis la Marocaine Niang Asmaa, qui avait eu la délicatesse de la débarrasser de la Japonaise championne d’Asie Yoko Ono sur un opportuniste placage en tai-otoshi. Une combattante dangereuse cette Japonaise homonyme de l’autre Yoko Ono, mais la combattante du FLAM91 l’avait battue en finale du Grand prix de Croatie.

14h35. (-70kg) Gahié en finale ! C’est ce qu’on appelle passer un cap : en laissant passer l’orage promis par Asma Niang à, l’image de cet prise de l’ours de début de combat, Marie-Eve Gahié a parfaitement géré sa demie, exploitant, tout en mobilité et en opportunisme, le sumi-gaeshi de la plus Française des Marocaines pour la fixer au sol. Osae-komi, ippon et première finale mondiale pour la combattante du Flam91.

Efficace contre Asma Niang, elle arrivait en pleine forme en finale, le gros combat du jour, face à la championne du monde Chizuru Arai, tranquille elle aussi toute la journée et victorieuse de Perez en demi-finale. La Française démarrait en trombe ce combat, marquant waza-ari d’entrée en arrachant sa solide rivale du sol avec son puissant bras droit. La gauchère japonaise subissait, secouée par une vraie tourmente, tandis que Gahié continuait ses attaques en montant haut et fort son bras droit.

Mais Arai laissait tout de même son bras gauche en position inférieure sans chercher à reprendre la distance, ce qui aurait pu mettre la puce à l’oreille à sa tempétueuse adversaire… car après quelques bonnes secousses et sauvetages délicats, Arai prenait soudain sa chance en uchi-mata circulaire poussant sous l’aisselle de Gahié avec le bras gauche placé, et finissait par la planter pour ippon.

Défaite évidemment frustrante, liée sans doute au fait que la volonté d’attaque de la jeune Française avait primé sur les considérations tactiques au moment où elle menait. Mais c’est une première finale, à vingt-et-un an, c’est un parcours plein d’autorité qui sent bon la mise sous tutelle de la catégorie dans les années à venir. Comme Clarisse en -63kg, finaliste en 2013 alors qu’elle avait encore vingt ans, Marie-Eve Gahié pourrait bien avoir la vocation. Encore quelques ajustements et l’argent pourrait devenir or. Marie-Eve Gahié vient d’entrer en tous cas dans la cours des grandes, en offrant une nouvelle médaillée mondiale à la France, après Hélène Receveaux en 2017 et Fanny-Estelle Posvite en 2015. Elle est la 43e de l’histoire de notre judo. »

 

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